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Rencontre avec le seigneur de l’Arctique

« La tente s’est mise à bouger, me tirant d’un sommeil profond et douillet. Il m’a fallut une demi seconde pour comprendre ce qu’il se passait : ATTAQUE D’OURS POLAIRE ! »

 After Blizzard sunset near Wager BayAfter Blizzard sunset near Wager Bay


La journée avait été longue et grise, mais je n’avais pas de quoi me plaindre, j’atteignais enfin ma vitesse de croisière souhaitée : une vingtaine de kilomètre à vol d’oiseaux par jours en ski de randonnée. Alors que mes débuts avaient été lents et laborieux, je me sentais enfin à l’aise dans mon environnement ! Malgré mon engelure au gros orteil gauche je réussissais à progresser correctement depuis mon départ de Naujaat. La traversée de « Wager Bay » (Ukkusiksalik National Park), dangereuse à cause des zones d’eau libre et des nombreux animaux sauvages qui y résident (ours, loups, renards, etc.), s’était d’ailleurs très bien déroulée malgré toutes les mises en garde du « Wildlife Officer » de Naujaat. « You should call your parents and say goodbye !» (appelle tes parents et dis leurs adieu), m’avait-t’ il dit. La psychologie ne devait pas être son fort… Il m’avait stressé inutilement, et cela m’avait conduit à plusieurs mauvaises décisions et prises de risques lors de la traversée, sans conséquences heureusement. Il avait raison sur un certain point cela dit, bien que je n’ai vu aucun animal, Wager Bay grouillait de traces d’animaux, ours polaire compris !

Fox tracks


Ma progression avait été particulièrement rapide ces derniers jours. Une foi le parc national traversé, j’avais enchainé plus de 54 km à vol d’oiseaux à travers des canyons, cols, rivières et lacs gelées, le tout dans des conditions à la limite du blizzard. Ma plus petit voile (Flysurfer peak3 6m2), démêlée la veille dans la tente, était tout juste contrôlable, mais j’avais réussi tant bien que mal à kiter dans la demi-tempête pour rejoindre l’Hudson Bay en une journée a peine, j’étais aux anges ! Des caribous avaient même surgit au milieu de nul part, les tous premiers du voyage. J’avais dès lors continué ma progression le long des côtes, variant entre ski de randonnée et ski-kite lorsque les conditions le permettaient. En continuant sur ma lancée, j’estimais pouvoir atteindre Chesterfield Inlet d’ici une dizaine de jours.


Untangling my kite in the tentUntangling my kite in the tent


Bien que je n’en avais toujours pas vus, il m’arrivait de plus en plus souvent de voir des traces d’ours… J’avais demandé à quoi ressemblaient leurs empreintes, et Chris officier de police à Naujaat m’avait répondu : « T’inquiètes pas, quand tu en verras, tu ne pourras pas les louper ! ». Il avait raison : elles étaient pour le moins impressionnantes ! Mais hormis ces quelques caribous, je n’avais pas vu âme qui vive depuis mon départ de Naujaat, et c’était très bien comme ça. J’avais cependant croisé plusieurs grosses traces d’ours ce jours là, sans doute un gros mâle ?! Une fois mon objectif atteint je plantais la tente en vue d’un repos salvateur.

Sea ice progression


La sécurité voulait que je plante mon « bear watch » quotidiennement, un système d’alarme anti ours composé de quatre poteaux, deux fils et deux déclencheurs pour balles à blanc de calibre de shotgun. Le but premier du dispositif est de me réveiller en cas d’intrusion afin d’avoir le temps de réagir. Dans certains cas, la détonation du « bear watch » peut suffire à faire fuir l’animal. Mais le dispositif avait plusieurs inconvénients dont son installation laborieuse que je ne métrisais pas encore complètement. J’avais fait quelques essais infructueux au début de l’expédition, et après avoir définitivement emmêlé les lignes j’avais tous simplement renoncé à installer mon bear watch. Bien que j’eu racheté des lignes à Naujaat, une fainéantise crasse s’emparait de moi au moment de l’installer : « Pourquoi installer un dispositif qui va me geler les mains alors que je n’ai pas eu le moindre problème jusqu’ici ? ».
 

Hudson BayHudson Bay

 
J’avais l’intuition que ma chance risquait de tourner, et les traces d’ours ne présageaient rien de bon ! Mais j’avais survécu à Wager Bay sans « Bear Watch » et la météo médiocre suffirait sûrement à retenir les ours dans leurs tanières, pas vrai ?! La fatigue me gagna rapidement et j’accueillis les bras de Morphée à bras ouverts.
 

SunsetArctic sunset

 
La tente s’est mise à bouger, me tirant d’un sommeil profond et douillet. Il me fallut une demi seconde pour comprendre ce qu’il se passait : ATTAQUE D’OURS POLAIRE ! La tente s’arrêta soudainement de trembler, me permettant d’émerger complètement. J’avais beaucoup lu à propos des ourses polaires et étudier les différentes attitudes à adopter en cas de rencontre insolite…aucune ne mentionnait une éventuelle attaque de tente ! Je ne savais pas s’il valait mieux faire le mort ou crier de toutes mes forces. Mes deux sacs de couchages et mon VBL (liner étanche) agissaient comme une camisole de force, impossible de faire le moindre geste ou de saisir mon arme. Il me fallait ouvrir les tirettes une par une afin d’espérer m’en dégager, une opération incroyablement longue et bruyante vu la situation. J’étais pris au piège, impuissant : « Tcheu, Arnaud t’es con ! … » .

Une seconde plus tard, l’ours réattaqua la tente, tentant de la trainer sur le sol. Sa force démesurée déplaça l’abri de toile ainsi que le manneken apeuré sur un demi mètre. La tente, solidement fixée au sol avait tenu le coup, mais il n’en faudrait pas beaucoup plus pour la mettre en morceau. J’avais opté pour le silence jusqu’à ce stade, attendant une ouverture pour agir, si ouverture il y aurait… Je ne connaissais pas les intentions de l’ours, il me semblait clair qu’il n’en tenait qu’a lui de déchiqueter la tente en lambeaux s’il le voulait. Le crissement lourd de ses pas sur la glace ainsi que la puissance de son souffle tout proche me glacèrent le sang, prenant pleine conscience de la gravité de la situation. L’ours se déplaçait lentement le long de la tente…

Inner tent ripInner tent & mattress tear


Quelques secondes à peine s’étaient écoulées depuis mon réveil, pendant lesquelles j’avais tout doucement commencé à me libérer silencieusement de l’étreinte de mes sacs de couchage. Une ultime secousse, moins forte, retenti tandis que l’ours ne me semblait plus aussi proche : « Il s’attaque à ma pulka ! ». C’était l’ouverture inespérée, c’était maintenant ou jamais ! Sans plus faire attention au bruits je sorti aussi vite que possible de mes sacs de couchage et saisi mon arme. « SCRRRRRR … » le rascal venait d’éventrer un de mes sacs de pulka ! Entretemps j’étais prêt à affronter mon adversaire : j’hurlais de toute mes forces, un cri de rage, un cri d’animal prêt à se battre coute que coute… auquel s’ensuivis le silence. Décidé à reprendre la situation en main, j’ouvris le zip de la porte de 10 centimètre, et tira un coup depuis l’auvent de la tente. J’ouvris prudemment la porte de plus en plus grand afin de faire face a mon adversaire : rien !

Pulka tearPulka rip

 
L’ours avait disparu dans la nuit avant que je ne puisse le voir. La tente n’avait pas fière allure et ma pulka gisait à quelques mètres de la tente, désormais retenue par deux bout de sangles. Les cordes reliant les traineaux à la tente avaient empêché l’animal de les emporter aux loin, provocant l’ultime secousse. La perte ou destruction d’une de mes pulka eut été un drame, et auraient sans doute sonné le glas de l’expédition Arctique, mais j’étais sain et sauf ! Il ne fallait pas trainer, l’animal pouvait revenir à tout moment. Je replongeais illico presto dans la tente afin de m’habiller chaudement, il était trois heure du matin, la nuit promettait d’être longue. La première étape fut d’installer le bear watch que j’avais tant évité de mettre en place. Chose faite, je remis la tente en place et inspecta les dégâts : une belle déchirure dans la pulka, une longue déchirure dans le fond de la tente intérieure, quelques trous mineurs dans la tente extérieure, un gros trou dans l’un de mes matelas… rien de grâve ! Je n’en croyais pas mes yeux, la tente extérieure avait résisté au crocs d’un ours polaires, ce qui m’a sans doute sauvé la vie, tandis que l’impressionnant trou dans le matelas signifiait que mes pieds n’étaient pas passé loin.

Après avoir avalé une ration de chocolat ainsi qu’un thé au gout salé de l’Hudson Bay, je me mis à coudre sans interruption. Les heures passèrent tandis que l’obscurité s’évanouissait progressivement. Occupé à coudre le nez dans le fond de la tente, des crissements de pas firent soudainement irruption vers 8h du matin : « l’ours polaire est de retour ! ». Ni une ni deux, je saisis mon arme et hurla encore à plein poumons ! Aucune réaction… je sortis de la tente afin d’affronter l’ours pour un second round, mais il n’en fut rien, l’ours était déjà à une cinquantaine de mètre ! Ce denier s’en allait vers le Nord, tant mieux, je progressait plein sud. Il se retourna pour me jeter quelques regards désintéressés, je n’étais qu’une curiosité tout au plus !
 


Stressé per les événements j’accélérai les réparations, et vers 11h30 j’avais réparé l’essentiel des dégâts, le reste serait pour plus tard. “Il y a du bon vent : il est temps de mettre les voiles !” J’avala un petit déjeuné en vitesse et plia bagage, avide de mettre un maximum de distance avec le seigneur de l’Arctique. Malgré un début difficile et quelques chutes, je réussis tant bien que mal à me frayer un chemin entre les blocks de glace, et à enchainer 18km en deux heures et demi de ski-kite.  Je m’impose alors encore quelques kilomètre de ski et à 16h, épuisé par un nuit chargée en émotions,  je décide de monter la tente en vue d’un repos salvateur. Cette foi, j’installerai même le bear watch… bonne nuit !

L’engelure


What about the toe ?! Well, my foot is fine, thanks!



As you might remember, I endured a frostbite between Kugaaruk and Naujaat. It was end of January and temperatures reached -45°C by then, but my feet weren’t that cold into my crazy polar “space” boots. One day however I decided I would add a pair of socks to my dressing and it resulted in lower blood flow and three frozen toes after a long kite day. Big mistake ! I warmed them up in my hands and got two of them back… the damage was done however, and my big toe remained partly white. 

Half way between Kugaaruk and Naujaat, I couldn’t do much about it. The toe wasn’t painful and I didn’t had a clear idea of the situation. It wasn’t critical however, so I decided to move on, got back to my usual pairs of socks and didn’t had any problems anymore. My big toe remained partly white an some skin started to produce an unclear liquid… 200 km later I arrived in Naujaat, my feet had started to be a bit swallowed by then but the situation remained unchanged.

I took a well deserved shower, first in a month, and observed the tip of my toe turning to black! I knew enough about frostbites to know that this couldn’t be good news… Karen, hotel manager, told me there was a health center in Naujaat, and that the doctor was currently in town. The verdict was easy: “black skin is dead, you need to rest !”

Photo: Foot at arrival


The skin of a toe isn’t very thick, and is underlined by a bit of fat protecting the bone. Full thickness would mean I’d might need a little skin graft. There was currently no way to know how deep it was, the only way to discover it being to wait. Doctor R. Aspinall, recommend to stop skiing for a month… A month?! No way! After explaining my shoes were hot enough and that it resulted from a reduced blood flow, he told me I might be good to continue if I’d take very good care of it. He gave me some antibiotics and recommend to let it heal at least for a few day.
 

Photo: Daily visits to the health center


I took some pictures and sent them to my father, which happens to be a orthopedic surgeon. Hasard is that he actually specialized in foot and ankle! Couldn’t do much from Belgium, but I was eager for his opinion, which happened to be exactly the same: “rest + intensive care and you might make it through your trip.” Three days later I was ready to go. However, the next morning, I got up only to realize the toe got infected! Damn… I knew what was next: skin removal and more resting. Dr R. Aspinall was still in town and cleaned it perfectly, recommending five to seven more resting days. The nurses were super attentive to me and I received the best care ever during my daily cleanings.



Twelve days after my arrival in Naujaat, my foot was finaly good enough to depart. I packed sufficient medical supply to clean my toe daily and finally continued the expedition, next community : Chesterfield Inlet, 450 km strait from Naujat. The new challenge being to clean my foot by -30°C! It’s a three step process. First you need to unfreeze the healing balm and antiseptic in order to use them, secondly you unclothe and clean your bear feet, at last you rush to make a new dressing before your foot start freezing (again)! Day by day i got better at it, wrapping it up in 15 “only”.

Photo: Daily care in the tent by -30°C



The pain ?



What about the pain? Well happily enough I didn’t feel much in my toe… I feared the heavy skiing might result in pain at every step. Surprisingly it wasn’t the case at all, protected by my perfectly stiff boots. A relief! Taking daily painkillers during two month wouldn’t have make any sense, I was delighted not to use any. Eventualy my toe started healing despite the intesive skiing, a very slow process! I continued to send my father pictures and stopped in every healtcenter to resupply. Three month and a half later, my toe is almost good again. I lost my toenail in Rankin and a brand new one is taking over. You’ll find herunder a collage of the toe evolution along the trip, last picture was taken two days ago.
 

Photo: Toe evolution

 

The lesson



The arctic is an extreme environment! The story could have ended badly and I wont forget the silly mistake that lead to this situation. My first and hopefully last frostbite! Sub-zero temperatures expose the human body to many dangers, demanding 100% awareness and full time attention. Forget that and you’ll make a mistake, be aware and you’ll discover the arctic wonders!

The healing was only possible thanks to the medical staff that took deep care of me all along the way: big thanks ! Special thanks to my dad, a doctor as well, who supported and gave me many advices.
 

Photo: Super nurses Maria and Jannine in Naujaat.


Dans les Blizzards


Comme indiqué sur les réseaux sociaux, mon arrivée à Chesterfield fut retardée par plusieurs Blizzards. J’ai continué de skier autant que possible, trouvant refuge dans ma tente lorsque les vent furent trop violant que pour avancer correctement. Rattrapé par un blizzard et des vents de 70-80 km/h, 50 km avant d’atteindre la ville, j’ai décidé de rester un jours dans la tente. Voici quelques images de l’expérience.



La directions du vent changea durant la nuit, résultant en une tente mal orientée! Lorsqu’orientée face au vent, ma tente en forme de tunnel est sensée créer une tranchée dans la neige tout autour d’elle même. Cependant, cet effet n’a pas fonctionné à cause de son orientation, la neige s’accumulait d’un coté et était soufflée de l’autre, libérant les jupes à neige (snowflaps) qui stabilisent et maintiennent la tente au sol. Les poteaux que vous pouvez apercevoir autour de la tente font partie de mon dispositif d’alarme anti ours polaire.

Je pensais pouvoir construire un mur autour de la tente afin de la protéger partiellement du vent. Mais les vents, trop violent, ont tout simplement soufflé le mur que j’avais commencé a construire plus tot. Fermer la porte de la tente ou tenir debout devenaient un challenge. 30 minutes après avoir capturées ces images j’ai décidé de changer l’orientation de la tente malgré le blizzard… Pas évident!

Le jour suivant, j’ai rapidement couvert une distance de 15 km avant être bloqué pendant 2 jours dans un blizzard encore plus puissant, à 35 km de Chesterfield… 😉

Learn to Fly


Its 12h45, the sleds are ready and the police is here to say goodbye: its departure time! Last coffee, greetings and pictures. Lets hurry up, sun is already down: got only an hour and a half left of light… Will the +160kg sledges move ? I have no idea, this is a stressful moment, I never had such a heavy load to pull. 1-2-3 meters: they are horribly heavy but at least they move !

This is Wednesday January the 15th, I’m facing the Arctic Ocean, and after two years of preparation I’m finally making my first steps. These meters feel unreal and i can’t realize it has started yet. In 30 months I should be facing the Southern Ocean: from a polar Ocean to the Other.

I skied a very short distance and put the tent up for the very first time of the trip. Kugaaruk is still in sight, but I’m happy: I finally left! The last 10 days were very intense, tiring and stressful. The pressure in Kugaaruk has been overwhelming and it was time to leave. Everyone was very nice and helpful, especially the RCMP officers Serge and Nancy, but I could feel people constant concerns for my safety or being convinced I’ll fail. These negative energies started to harm my motivation and the project. Only hundreds meters after leaving an Inuit reacts: “You’re gonna fail and I’ll have to rescue you!” He probably doesn’t know I’ll keep his sentence in mind as a mojo, an everyday reminder and motivation to prove he’s wrong: I’m not gonna fail and You’re not gonna rescue me!



I didn’t take it personally, it’s just his way to express concerns regarding the polar environment. And he’s right: it is extremely cold, dangerous, and intense. But that’s why I trained, came for. I don’t know if I’m gonna succeed, but one thing is certain: I don’t feel insecure. Indeed, I have plenty of food, high quality equipment and first grade Berghaus outfits to face any conditions. On the other hand, I’m uncertain regarding my performances: the sleds are too heavy, I’m not physically trained enough, and heavy workloads led me to underestimated the hills difficulties between Kugaaruk and Rankin Inlet. But who cares : one meter at the time !
 
However, the sleds are definitely too heavy, and only 2 days and 5 km later I decide to ship no less than 35 kg/day of food to Rankin Inlet, keeping a very safe margin to reach any village facing any troubles. Food is the main burden, I eat no less than 5000 Kcal or 1 kg of food per day, becoming slowly lighter. These super high fat meals are essential to survive the cold. Once unloaded, I directly feel better. If very slow, my body doesn’t feel on the edge of breaking anymore. The first days are the harshest! I have to adapt to my new environment and permanent below -30C temperatures. I need to find my rhythm!
 
Despite certain believes, days and nights aren’t so hard since you’re either on the move or tucked away from the cold in a warm cozy sleeping bag. The hardest time of the day is the one spent preparing stuff in the tent, trying to keep your extremities warm. Small repetitive gestures requiring light gloves might become pretty challenging and lead to sever pain. Each item you touch is below -30C and steals your hands heat instantly away. The only solution is to get good reflexes, be energy savy and smart: train to use your mitts the best you can, uncover feet at last , etc. This routine is frustrating at first, when your body cries for mercy, evolving in serenity later. Mistakes remains a daily danger and can be of severe consequences.
 
The 10 first days were constant learning and adaptation, my body transforming slowly as I engaged on the Kellet River. Kugaaruk people fish on this river and I still had the pleasure to talk a few minutes a day to local people. My progress was however chaotic, averaging between 5 and 10 km, much less than the 20km planned. I dreamed only of smow-kite, which wasn’t possible due to unfavorable winds and topography.



When the conditions where finally united I jumped on my skis full of excitement: the day had come ! During two days I covered as much distance as the last 13 days of back-country skiing. 50 km later I set up camp on the Arctic Ocean again, discovering a new environment full of surprises. Indeed, the sea-ice obeys to different rules. I learned it the hard way by making harmless but tiring mistakes. Sea-ice isn’t always flat, it can be very chaotic, full of blocks or compression ridges. It evolves quickly and you need either to know the land or to study satellite image to get the best out of the ice situations.
 
My biggest mistake happened the same day as my first kiting day. While I kept my feet pretty warm during the first 10 days I decided unreasonably to add a pair of socks. This resulted in reduced blood flow and without realizing the extent of it I ended up with half frozen toes om my left foot at the end of the day. I kept this system for a few days before changing definitely back to my first efficient dressing! Better late than never… but a frostbite + high continuous pressure resulted in a damaged big toe that’s still awaiting to heal.
 


Reaching land again, meant getting rid of the ice anarchy and increased my motivation again. I had 100km left to reach Naujat’s hot showers, 20 kg less of food load and finally a trained body! The distance was covered in 7 days, my performance is constantly increasing. If I couldn’t wait to rest 3-4 for days, I finally felt adapted and ready to cover larger distance at a faster pace. However, this was without accounting for the feet damage…



11 days later I’m finally ready to go again. My toe isn’t fully healed, but i believe that with extra care it can manage the next step.The extreme cold were equally harmful to my gear, and the extra days were precious to manage repairs. This last month has been very challenging, a constant learning and a delight. I didn’t failed and I wasn’t rescued. I’ll still be learning every day ahead, and that’s my upmost pleasure. I will certainly make new mistakes, but i guess that’s how you learn to fly!

https://www.youtube.com/watch?v=1VQ_3sBZEm0

Winter is coming!


Tomorrow is the big day, and I must admit, the last 10 days have been pretty crazy ! Preparing 90 days of supply, cold weather, rbnb, renting a car, another rbnb, flights… In other words: eventful!
 

 
The Edmonton experience was original in itself: first steps ever on the American continent and facing a completely different type of city. As you might know, streets and avenues have numbers instead of names and every home address refers to a pretty logical geographical situation due to it’s street number. It actually made my wandering easier than looking for every street name on a map.

Conditioning the food on the other hand revealed itself less funny. Canadian customs restrict food imports and the first step was to buy precise goods in a precise quantity. The challenge isn’t to buy a certain kind of grocery but to buy the exact amount of calories as you planned it Less will undoubtedly generate problems during the expedition. Backcountry skiing in cold condition (average -30°C) requires about 5000 Kcal of food per day while a normal diet average around 2000 Kcal. The simple reason for such meals is not only the effort, but the need to fuel your personal radiator: the body. Lack of food will make you feel weak and worsen the cold feeling, while sufficient calories will enable you to heat up and recuperate.


 
The quest began and after a few days of solitary shopping I started packing. I weighted more than 3000 ingredients and packed more than 450 bags in less than 36 hours. Once again I underestimated the workload and I finished the 90 day rations just in time to rush to the airport.



The flight for Kugaaruk was spread on 24h, I naively thought I would be able to stay in Yellowknife airport between flights at night. The reality is you can’t, and you don’t mess with Canadian rules! A charming person named Laila asked if she could help me, took me home with my 160kg luggage, gave me a bed, fed me and dropped me back at the airport the next day. Being helped out like this is always overwhelming, thanks Laila!



I encountered Kugaaruk’s police officer Serge on the plane, and the next day we reviewed all security and safety measure regarding my departure. Serge and Nancy made an outstanding job at warning every concerned authority of my departure. They are pretty anxious about my solo winter Canada crossing and are worried both by the cold and by wildlife… I have to admit: it is my biggest challenge so far!
 


On my side, I’m excited and stressed at the same time! Nothing is acquired until achieved and I can’t predict how this adventure will evolve. However, I’m prepared, I got all the equipment, knowledge, will power, and faith in this project. More important, I know where I enter a danger situation and when it is time to stop, those two save your life more than you know.

The Inuit world is harsh, the fact that they survived for centuries in these condition is outstanding! One thing is sure, I’ll discover very soon how I adapt to this unrealistic environment.

See you on the ice,

Arnaud

Road to the Arctic

Backcountry skiing and snow-kite technical preparations were a much more solitary road than my parallel learning to sail. No confined places and constantly overlooking teammates, instead: white landscapes, cold air, lots of snow and infinite “nothing” ahead. The polar cold is probably one of the harshest environment, but what an experience!

Except for alpine skiing, I’d never practice any serious Nordic skiing before, but I was very determined to learn it. We have all been inspired by: Nicolas Vanier, Borge Ousland, Mike Horn, Dixie Dansercoer, Alain Hubert and others explorers stories’ ! Happy enough my friend Gaël already practiced Backcountry skiing since several years, and when I asked: “where should I go lose myself for 2 weeks and then come back” he already had the answer: “Try the Kungsleden!”.

The Kungsleden, literally the Kings’ trail, is a Swedish path that covers several hundred kilometers of tundra, forests and mountains, including the magnificent Sarek national park. You can cross it by foot in the summer and on skis in the winter. I decided to give it a try, and thanks to two genius associations called “CapExpe” and “Oukiok” I was able to rent some quality equipment at a very reasonable price. After acquiring some skills and trying out the equipment in the French Jura for then days I was ready to invade Sweden!

I packed two weeks of food, and flew for the first time to Laponia, what a crazy experience! The four season tents I rented was attacked by a reindeer on my very first day which could have terminated the trip early, happily enough it hold. Contrary to alpine skiing, Nordic skiing requires to provide all the locomotion effort and downhills are real challenges since your heels hang loose. Moreover, if you pull a sledge or “pulka”, it will try to terminate you in every slope by running you over. Backcountry skiing is more like a daily marathon: you ski all day, you are slow, you can’t stop more than ten minutes since it’s freezing and at the end of the day you still sleep in a tent. Nonetheless it’s a lot of fun and you get to see mind blowing panoramas, I also got to see my first Northern lights (aurora borealis). Here is a little video of the reindeer attack.

These first two journeys were a big success, but I still needed to improve my skills and learn to use a kite! I decided I would go learn to kitesurf in Spain, manage snow-kiting in France, and depart for a one month trip in order to confirm all these competences. In February 2017 I was finally ready: one month to cross Lapland from West to East! I packed more food and more of everything, resulting in an 80 kg sledge to pull, and off I go. Again a crazy trip, resulting in the crossing of three countries; Norway, Sweden and Finland, and after more than 500 km and the loss of a few kilograms I reached my goal. Here is a little video of the trip.

Today, I’m preparing for the serious stuff: 2.500 km through Canada from Kugaaruk (by the arctic) to Winnipeg. The kite will enable me to take advantage of the wind, and I hope to succeed the crossing in 3 months. I’ll also have to deal with polar bears and wolves, which I hope won’t be interested into Belgian meat!

Objectif voile

Comme pour la plupart des sports pratiqués lors du Manneken Trip, je ne savais pas grand-chose à propos de la voile… Mais qui n’a jamais rêvé de voyager à bord d’un voilier, de pêcher du barracuda ou d’envahir des îles vierges ?! C’est vrai qu’à la mer du nord c’est plutôt, château de sable, cuistax et vente de fleur en papier, mais peu importe. J’étais et suis toujours déterminé comme jamais à traverser la mer des Caraïbes en voilier : du Belize à Georgetown en Guyane Britannique.

Ceci étant, naviguer en solo (ou comme capitaine) requiert certaines connaissances. J’avais déjà un peu d’expérience en planche à voile, mais c’est négligeable sur un voilier. Je partais de rien et devais arriver à être autonome en moins d’un an et demi. Trois options s’offraient à moi: trouver un ami ayant un voilier (je n’en connaissais aucun), prendre des cours de voile ou trouver des capitaines cherchant des équipiers pour convoyer des bateaux (ce qu’on appelle les « bourses au équipiers »). Cette dernière option offre l’avantage d’être bon marché, l’on ne paye que la caisse de bord (boissons, repas, etc.). Le désavantage c’est que c’est une vraie loterie ! Certains capitaines se révèlent des professeurs remarquable et de bon compagnons, tandis que d’autres ne cherchent que de la main d’œuvre bon marché pour réduire le coup du convoyage. Va pour les cours de voile !

Je me suis alors mis à la recherche du stage le plus approfondi accessible aux débutants et j’ai opté pour un stage de l’UCPA, équivalent ADEPS en France, à Lorient. Cela aurait tout aussi bien pu être une autre organisation, mais l’UCPA offre un bon rapport qualité prix ainsi qu’une mentalité appréciable : une semaine de croisière en voile habitable en Bretagne. L’on part de Lorient le premier jour pour ne revenir que le vendredi à la fin des 6 jours de stages. L’itinéraire est déterminé ensemble en fonction des conditions météorologiques et est adaptés au jour le jour. Ceci étant, il faut être prêt à renoncer à toute intimité et à accepter de vivre jusqu’à huit sur un bateau de 11 mètres : aucun problème !

J’ai participé à ma première croisière de voile en aout 2016, l’on était huit en incluant le capitaine, un vrai succès ! L’équipe était parfaite, tout le monde s’est entendu à merveille, ce qui n’est pas couru d’avance quand ’on y pense. Grâce à notre super capitaine Jérôme j’ai pu apprendre autant que faire se peut en une semaine, me transmettant également la passion de la voile. Voici une petite vidéo de cette première expérience, c’est également ma première vidéo (soyez indulgent ;)).

Après cette première expérience concluante, il était temps d’approfondir mes connaissances ! La « Fédération Française de Voile » (FFV) offre cinq niveaux de certifications, le cinquième étant le brevet de « Chef de bord ». Je venais d’achever l’équivalent du niveau 2, et décida d’atteindre au moins le niveau 4 : « Equiper confirmé ». L’UCPA oblige d’effectuer le niveau 3 en deux semaines distinctes, cela signifiait qu’il me restait, au minimum, encore 3 semaines de stage afin d’atteindre mon objectif, à condition de réussir chaque niveau bien entendu. Je me suis donc inscrit pour le niveau 3, « navigation et cartographie », en mai 2017. N’étant qu’un équipage de trois matelots, plus le capitaine, nous apprîmes énormément. Merci capitaine Bérénice pour cette super semaine !

Fin Aout, j’ai rejoint Lorient pour le complément du niveau 3 : « manœuvres et technologies ». L’ambiance de notre équipage de 6 matelots fut incroyable, rendant cette semaine inoubliable. Daniel, Capitaine charismatique et marin dans l’âme y fut pour quelque chose. D’ailleurs ces semaines sont plus que des formations! La voile, c’est entrer dans un autre univers : d’eau, de vent, d’espace réduit et de proximité avec des inconnus. Au bout de quelques jours, la magie des océans opère et l’on devient une vraie équipe, l’on s’adapte et apprend à vivre ensemble. J’eu également le plaisir de confirmer mon niveau 3 FFV, me confortant dans la voie que j’empruntais !

La prochaine étape sera the de participer au niveau 4, et peut-être de le confirmer, la semaine prochaine à partir du samedi 16 septembre 2017. Le challenge, plus que les niveaux FFV, sera de renforcer mes connaissances et de gérer mes points faibles afin d’être prêt pour The Manneken Trip.

Vidéo de présentation du Manneken Trip

J’ai enfin eu la possibilité de réaliser la vidéo de présentation du Manneken Trip! Un tout grand merci a Julien Dereymaeker qui a fait un boulot incroyable. Les scènes de sports sont issues d’entrainement pour le manneken trip et d’expéditions précédentes. Malheureusement je ne disposait pas d’images de qualité pour illustrer l’équitation. J’espère que la vidéo vous plaira, n’hésitez pas à la partager!